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10 septembre 2008 Discours de son Excellence Dr. Mohammad-Mahmoud Ould Mohamedou Ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération Neuvième Session du Conseil des Droits de l’Homme-Genève |
Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs
C’est un honneur pour moi de m’exprimer devant vous, à l’occasion de la neuvième session du Conseil des droits de l’homme afin d’apporter des éclairages sur la situation que connaît mon pays et joindre notre contribution au débat portant sur les droits de l’Homme.
Je saisis également cette opportunité pour saluer les efforts louables du Président du Conseil, son Excellence Martin Ihoeghian Uhomoibhi et les membres du Bureau en vue de faire jouer pleinement son rôle d’instrument de promotion et de protection des droits de l’homme à cet important organe.
Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs
La Mauritanie est entrée, depuis le 6 août dernier dans une phase de rectification, menée par le Haut Conseil d’État, sous la présidence du Général Mohamed Ould Abdelaziz, Chef de l’État. Ce mouvement de rectification est venu mettre fin à une crise politique persistante et à un blocage des institutions ayant mis en péril l’État et la démocratie et poussé le pays à la dérive.
Comme vous le savez, les acquis démocratiques fondamentaux, que la Mauritanie avait pu conquérir lors de la transition de 2005-2007 et dont le caractère exemplaire a été salué par l’ensemble de la communauté internationale, ont permis d’installer une démocratie apaisée, de générer un bilan économique et social positif et d’ouvrir des opportunités prometteuses pour notre pays. Contre toute attente, cet héritage historique a été graduellement démantelé par une gestion marquée par les manœuvres politiciennes, le népotisme, la gabegie et le détournement des deniers publics.
Au fil des quinze derniers mois, et alors qu’il héritait d’une Mauritanie Nouvelle assainie, réconciliée et dans laquelle tout était possible, l’ex-président s’est employé à recréer les conditions d’un détestable autoritarisme que les Mauritaniens de tous bords avaient œuvré à éloigner.
De même, la non-gestion par l’exécutif d’une menace sécuritaire réelle a permis l’apparition traumatisante du terrorisme dans notre pays suite à une série d’attaques entre décembre et avril derniers, notamment le lâche assassinat d’une innocente famille française et de soldats mauritaniens en décembre dernier.
À ces manquements est venu s’ajouter un blocage continu de l’action souveraine de la branche législative par un refus persistant de prendre en compte les préoccupations d’une majorité constituée des parlementaires. L’ex-président a opposé à cette volonté parlementaire, qui s’est manifestée à travers le dépôt d’une motion de censure en juillet, puis d’une demande de session extraordinaire du parlement en août, des manœuvres dilatoires successives visant à les empêcher d’aboutir à leurs objectifs. Il s’est ainsi interposé face à la détermination des parlementaires, investis par le peuple, de constituer des commissions parlementaires d’enquête et d’entendre des responsables sur la gestion des institutions et des fonds publics.
Cette grave crise politique s’est doublée, enfin, d’une tentative irresponsable et inappropriée de l’ex-président de semer la division jusque dans les rangs des forces armées et de sécurité. Cette tentative, déjouée par ces dernières, aurait pu — ce n’est pas une exagération — conduire le pays à la guerre civile et au chaos.
Face aux menaces pesant sur l’unité nationale et la cohésion sociale, face au délitement de l’État, à l’insécurité grandissante et à la dégradation continue des conditions économiques et sociales des populations, les forces armées et de sécurité n’ont pas eu d’autre choix que de prendre le pouvoir afin de redresser la situation et remettre le pays sur de meilleures bases.
Ne l’auraient-ils fait, que, société traditionnellement tolérante et stable, la Mauritanie se trouverait avec aujourd’hui sous la menace du terrorisme, un gouvernement instrumentalisé politiquement, un Parlement esseulé et transformé en une chambre d’enregistrement là où il cherchait à se donner les moyens d’exister de façon crédible, et une institution militaire et sécuritaire fantoche alors que cette même armée et ces mêmes officiers avaient enfantés le cadre démocratique de la transition de 2005-2007 et su tenir leurs promesses.
Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs
Le Haut Conseil d’État et son Président, le Général Mohamed Ould Abdel Aziz, qui exercent provisoirement les pouvoirs dévolus au Président de la République, sont plus que jamais conscients de l’importance pour la Mauritanie de renforcer sa démocratie, à travers une application saine de ses principes et de ses valeurs. De même, ils sont convaincus que la promotion et la protection des droits de l’homme, en Mauritanie, dans le cadre d’un État de droit viable, sont des conditions essentielles au progrès et au développement de la société.
C’est dans cet esprit que le Haut Conseil d’État a maintenu toutes les libertés ainsi que l’exercice par toutes les autres institutions de leurs pouvoirs et missions. Cette option constitue le meilleur — le seul — moyen de renforcer le processus démocratique dans notre pays et de garantir les fondements de sa pérennité. Ainsi, le parlement, les partis politiques, la presse indépendante et la société civile continuent tous à mener leurs activités sans nulle forme d’entrave.
Dans le même ordre d’idées, le Haut Conseil d’État s’est engagé à organiser, dès que les conditions seront remplies et dans les meilleurs délais, des élections présidentielles libres et transparentes, assurant le retour à un fonctionnement normal des institutions. De même, le nouveau Premier Ministre a décidé de lancer, sous peu, des concertations avec l’ensemble des acteurs politiques et de la société civile sur les modalités pratiques de ces objectifs.
À ces impératifs et ces engagements, s’ajoutent des objectifs non moins importants, qui consistent à redonner à l’État en tant qu’outils majeur du développement de toute société, le dynamisme et la vitalité sans lesquels aucun progrès ne peut être conquis. Car aussi longtemps que notre pays n’aura pas maîtrisé, et distribué à tous, l’éducation et la santé il demeurera vulnérable à la pauvreté et aux maladies et donc inapte au progrès.
Le progrès exige, également, l’émergence d’une citoyenneté consciente et assumée, une culture démocratique enracinée et les structures viables d’un État de droit, permettant à chacun de se situer et de participer à l’effort de construction de la société.
Tout comme il convient de mettre en œuvre les meilleures conditions pour libérer l’initiative privée, et les énergies qui l’accompagnent, afin d’exploiter au mieux l’énorme potentiel de développement de la société mauritanienne.
Chacun mesure la complexité de cet agenda sur lequel, parmi d’autres points, nos gouvernants se sont engagés. Dans cette bataille difficile que nous comptons remporter afin de traduire les aspirations différées de nos citoyens en réalités émancipatrices, notre pays compte plus que jamais sur ses partenaires et amis qui lui ont toujours apporté aide et soutien.
Je vous remercie

شرف -إخاء -عدل





